Les nouveaux tabloïds ? 0

[Disclaimer : J'hésitais à publier ce billet plutôt "coup de gueule" mais la célérité du camarade du KB à le faire et le récent anathème lancé par le nouveau Matamore du PS ont fini de me convaincre.]

 

Car il est assez consternant de découvrir comment peut être perçue « l’affaire Dray » entre le Parti socialiste et le web. Une vraie opposition qui verrait s’affronter bloggeurs et PS et qui tournerait, à la lecture des diverses sources en ligne, tantôt autour de la question de savoir pourquoi la 1re secrétaire et le porte-parole restent silencieux, tantôt autour de l’entourage politique de Dray pour mieux en venir à Ségolène Royal, tantôt autour des états d’âmes d’huitres centristes ou de journalistes mondains. Et oui parce qu’il semblerait ainsi que tout soit pour le moins très simple. Mais c’est donner une vision bien molle de ce qui se joue et des acteurs en présence.

En réalité, ce qui est critiquable ici c’est bien le caractère unilatéral de l’article. Le « prêt à penser » en quelque sorte. Une réduction du problème à quelques personnages du web et au PS.

Surtout lorsqu’on regarde en même temps du côté de certains observateurs plus critiques, moins adeptes de la procrastination (ou tourner autour du pot en usant de tous les artifices : mensonge, hypocrisie et autres manipulations). Ici, ailleurs, ou bien ou encore , et même ici, par exemples.

Au delà de ce sujet, et dans un excès de prétention, on pourrait tout aussi bien conseiller à Rue89 de prendre garde à ne pas céder à cette tentation à convertir le journalisme d’opinion à ce que l’on pourrait appeler du journalisme sensationnel, mêlant adroitement contenant et contenu, tout en reléguant critique et prise de position. Reproduisant ceux qu’ils souhaitent pourtant secrètement détrôner un jour…

On est encore loin du genre de leurs semblent-ils fameux homologues d’outre-Manche mais le remplacement de la presse écrite établie par une nouvelle forme de presse d’information sur Internet, plutôt médiocre et superficielle, est probable. Cet “article” de Rue89 en est un exemple. Les militants politiques que nous sommes le regrettent amèrement mais force est de reconnaitre que le fameux “buzz” tant recherché sur Internet et ailleurs ne réussit encore que lorsqu’il s’inscrit dans une logique de concurrence, à finalité économique ou égocentrique, rarement politique. Car on a beau chercher, on peine encore à discerner chez certains une ligne éditoriale claire, a fortiori politique ! Tout cela n’est-il finalement que de l’agitation pour… vendre ? Pire, pour nuire au Parti socialiste.

Finalement, tout cela n’est-il encore qu’une vaste entreprise capitaliste de plus ? Qui nous pousse encore à nous questionner sur le changement de paradigme économique.


Et Julien DRAY dans tout ça ? Un député jeté en pâture suivi par d’autres. D’ailleurs, comme le révèle si bien intox2007.info, certaines atteintes graves continuent d’être relayées par la presse. Pendant ce temps, on continue de se moquer de nous en nous traînant dans la boue, en jouant de la division, en nous insultant par voie de presse interposée.


Et Julien COUPAT qui reste en prison !


jon, étudiant apprenti blogueur…



Merci à Jean, Ronald, M. Poireau, Romain, Nicolas, Farid et Donatien

Crédit illustrations : « Quand le crayon attaque – Images satiriques et opinion publique en France 1814-1918 », M. Dixmier et al., Éd. Autrement, Paris, 2007.

Édit : La suite de l’épisode de notre “porte-parole” ici. Conseillons à notre cher camarade Dagrouik de ne pas lui donner satisfaction d’avoir obtenu ce qu’ils cherchent : quitter le PS.

La presse aussi est en guerre idéologique 2

Couverture du 1er numéro du Canard enchainé (5 juillet 1916) in “Quand le crayon attaque”, éditions Autrement, Paris, 2007 - L’encart en blanc correspond à un article censuré.
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Où l’on peut découvrir que ce contre-pouvoir qu’est le pouvoir médiatique subit aussi l’offensive idéologique des tenants de la dérégulation totale, du désengagement de l’État, incarnés par Sarkozy et ses sbires. Par le biais désormais éculé de la “commissionnite” aigüe, bras armé du fameux principe décisionnel en mode “top-down”, à savoir ici réunir un panel d’experts pour “réfléchir” et faire des “propositions”. En réalité, il s’agit d’une réunion de décideurs, membres de l’establishment, et autres parasites, aux idées déjà bien arrêtées et qui servent donc d’alibi intellectuel aux décisions déjà prises du sarkozysme dogmatique et autocratique.

On lira donc avec intérêt l’appel intersyndical de l’AFP repris sur le site d’Acrimed et qui traduit encore une fois la politique actuelle.

Alors que certains dénoncent les menaces pour la démocratie qu’annonce cette dilution du contre-pouvoir médiatique dans les méandres de la ploutocratie, à l’heure justement où les Français auraient besoin d’une information claire et indépendante sur l’état du monde.

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