Le pari de Pascal en politique

J’apprends qu’un Amour de blogueuse politique a décidé de prendre le large. Si, en tant qu’individu, je comprends et pourrais me réjouir de cette décision (comprenne qui pourra), en tant que militant, je la regarde comme l’expression légitime mais néanmoins regrettable de son désespoir face à l’apparente impossibilité du changement. Je ne doute pas cependant qu’elle saura trouver ailleurs les moyens de s’exprimer, en attendant de faire revivre ce blog de qualité.
En réponse à son ras-le-bol, mais aussi pour tous les petits soldats qui se poseraient la question de l’utilité du combat politique, je reproduis donc ci-dessous le début de l’avant-propos de Raison contre pouvoir, le pari de Pascal, recueil de deux entretiens entre Noam Chomsky et Jean Bricmont, paru aux éditions de l’Herne.

![]()
Il est sans doute nécessaire d’expliquer pourquoi un argument pragmatique en faveur de la croyance en Dieu* figure dans le titre d’un dialogue entre deux athées, ayant tous deux des sympathies anarchistes, et qui pensent que la question de la vérité d’une proposition (comme l’affirmation que Dieu existe) est indépendante et précède celle de son utilité.
Chomsky se réfère souvent à ce qu’il appelle une modification du pari de Pascal, qui vise à répondre à la question « pourquoi agir politiquement ou socialement ? Peut-on être sûr que cela est utile ?» Dans la première interview, il répond: « Si nous abandonnons l’espoir, et que nous nous résignons à la passivité, nous faisons en sorte que, certainement, le pire adviendra ; si nous conservons l’espoir et travaillons dur pour que ses promesses se réalisent, la situation peut s’améliorer. » On ne peut sans doute pas donner de réponse plus convaincante à la question posée, et toute forme d’engagement repose donc sur une sorte de « pari ». Néanmoins, pour ne pas dégénérer dans l’activisme irréfléchi ou la violence pure, ce pari doit être fondé sur la réflexion. Or, si l’on connaît souvent Chomsky comme critique de la politique étrangère américaine, ses idées sur la nature humaine, le progrès, les révolutions, l’anarchisme, le marché, la liberté d’expression, la philosophie, les intellectuels (y compris les intellectuels parisiens**), les sciences, la religion ou l’éthique sont souvent peu connues.
![]()
* L’idée de Pascal n’était pas de donner un argument montrant que Dieu existait vraiment, mais simplement de souligner qu’il était prudent d’y croire (pour échapper à La damnation éternelle).
** Voir également ses Réponses inédites à mes détracteurs parisiens, Paris, Spartacus, 1984.
Deux citations d’Oscar Wilde pour finir :
Pour ELLE : « Ceux qui essaient de mener le peuple ne peuvent le faire qu’en suivant la foule. »
Pour LUI : « Aimer une femme intelligente c’est un plaisir de pédéraste. »





Je ne sais pas pourquoi, mais je vois là comme une sorte de reproche du genre “comme on ne sait pas si se battre sert à quelque chose ou non, il vaut mieux poursuivre”… Heureusement que la dernière citation m’a faite rire, sinon, je me sentirai encore plus nauséeuse si c’est possible
Point de reproche très chère ! Juste un appel à persévérer ou à positiver, du point de vue du militant. Pour ce qui est de celui de l’individu, c’est autre chose…
Pour le message, je le vois plus du genre : “Si l’on ne se bat pas, l’on est assuré du pire…”
oui cet argument est excellent etimportant, je ne sais plus de qui est la citation célèbre (?) dont j’ai d’ailleurs oublié aussi le texte exact, mais qui dit à peu près : si vous essayez de lutter c’est pasûr que vous réussirez, mais si vous renoncez c’est sûr que vous échouerez.
En fait cet argument est également valable pour les questions métaphysiques et existentielles liées au Pari de Pascal (contrairement à ce qu’il est de bon ton de dire de nos jours)
Pour revenir au thème politique j’avais l’habitude de raisonner à l’aide de l’impératif catégorique de Kant : agir comme si on pouvait vouloir que la maxime de son action devienne règle universelle.
Exemple si on vote, votre vote n’a aucune chance de déterminer le résultat, alors à quoi bon ? mais si vous raisonnez ainsi il n’y a pas de raison que tout le monde ne raisonne pas pareil, et si tout le monde raisonne ainsi la démocratie est foutue. Ausi même si vous êtes miniritaire et que vous présumez que personne ne votera comme vous il faut voter pour qui on préfère , comme si le le résultat de tout l’électorat dépendait de vore vote, pareil pour les boycott : exemple il faudrait boycotter les supermarché, et si tout le monde s’y mettait ça ferait (enfin ! ) une révolution. (sur mon blgo j’y consacre un billet.